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Vous avez la parole…


Mais à la condition de dire ce que nous avons envie d’entendre…

 

Où l’histoire navrante, mais pourtant révélatrice, d’une interview manquée pour le bulletin du PS.

 

 

 

Jacques Sapir

Directeur d’Études à l’EHESS

Lundi 18 mai 2009

 

 

 

Ceci se passe en France, et non en un quelconque pays où l’on pratique, nous dit-on, la censure et la désinformation. C’est bien en effet d’un petit cas de censure qu’il s’agit. Un cas parmi d’autres bien sur, car ils sont finalement plus nombreux qu’on ne le croit.

L’histoire est navrante, mais elle vaut d’être contée…

 

Acte I.

 

Sollicité par courriel, puis par téléphone, de donner une interview au bulletin du PS, j’ai la faiblesse d’accepter. Il est vrai qu’agir autrement me ferait à raison une réputation de sectaire, et que l’on ne risque rien à entamer un débat. Après tout, c’est bien une règle de la démocratie que de parler à tous sans rien renier de ses propres convictions. Du moins c’était ce que je croyais…

Rendez-vous téléphonique est donc pris pour le vendredi 15 mai à 11H. À l’heure dite ma correspondante appelle, me remercie d’avoir accepté de lui répondre, et commence par me poser une question sur le problème des délocalisations induites par les écarts salariaux qui existent entre les nouveaux entrants de l’Europe et les pays du noyau originel.

Je m’exécute de bonne grâce et, comme mes lecteurs le savent déjà, explique la différence qui existe entre les délocalisations pures, la conception et la production de produits destinés à être « localisés » dans ces pays à bas coûts, l’entrée d’entreprises de services localisées dans ces dits pays sur nos marchés, et enfin les conséquences directes et indirectes sur les travailleurs dans nos économies. L’interview se déroule de manière très courtoise, et j’ai même l’occasion de rappeler à ma correspondante les cas bien connus d’entreprises qui ont remis en cause la législation française du travail sous la menace de délocalisations. J’ai donc l’impression de trouver une oreille attentive, et pour tout dire fort intéressée par mon propos.

 

Les choses se gâtent quand il est question des solutions. À la question qui me fut posée sur la possibilité de faire passer une directive européenne harmonisant les conditions sociales et rendant ainsi impossible le « dumping » social et salarial, j’eu le tort de répondre avec ma franchise habituelle – et je reconnais ne pas être de ceux qui font la roue pour plaire ou qui manient la litote – que je tenais une telle proposition pour une illusion, au mieux, et au pire une hypocrisie.

On ne voit pas comment ni pourquoi ces pays accepteraient de sacrifier cet avantage qu’ils ont sur nous et qui est le produit du « grand marché », tel qu’il fut obtenu par l’acte unique. La règle de l’unanimité rend impossible un tel projet. D’ailleurs, les dévaluations auxquelles ces pays se livrent, et qui ont été tout à fait significatives ces dernières semaines, entraînent une nouvelle baisse du coût du travail qui ne correspond à aucune baisse de la productivité, bien au contraire.

 

C’est alors que mon interlocutrice me coupe la parole pour me dire qu’il était impossible de passer dans son journal une telle réponse. Elle était certes prête à conserver la première partie de mon interview, mais en aucun cas elle ne publierait la seconde, car elle était contradictoire avec la position du PS. Quand je lui fis remarquer que, n’étant pas militant ni sympathisant de ce parti, je pouvais avoir les positions qu’il me plaisait d’avoir ce qu’elle n’était pas sans ignorer au début de l’interview, elle me répondit qu’elle n’était point là pour faire de l’information mais de la communication.

On admirera le cynisme de la formule.

On y trouve cependant plus de profondeur qu’on ne pourrait le croire à première vue.

 

Je passe les détails de la – grosse – colère qui me saisit et qui ne m’a point quitté et je mis fin à l’entretien en disant que soit, elle passait la totalité de mes propos soit elle n’en passerait aucun. Ce qu’elle fit, en me disant que jamais ses « supérieurs » ne sauraient les accepter.

 

Acte II.

 

La morale de cette triste et navrante histoire est double et mérite notre attention. Car, si l’on n’y prend garde, elle se répètera.

 

Sur la forme, en premier lieu, il y a donc bine des choses à dire. Nous sommes ainsi passés de la société de l’information à celle de la communication. Car, il faut prendre au sérieux la réponse qui me fut faite. Il s’agit bien de communiquer et non d’informer.

Si tel avait été le cas, on peut penser que le PS pouvait tolérer, et même, pourquoi pas, (mais si, mais si…) solliciter des avis différents, voire divergents. Mes positions sont connues et je n’en ai point changées. Mais, après tout, rien n’empêchait à un journaliste de ce parti de conclure en rappelant les positions qui sont défendues par le PS à l’occasion des élections européennes.

 

J’ai déjà donné des interviews sur le même sujet dans de nombreux journaux, dont certains défendent des positions qui ne sont pas les miennes. S’il est bien un principe qui avait toujours – jusque-là – été respecté c’était bien celui de ne pas altérer les idées e la personne que l’on a interviewée.

Ici, et pour la première fois, on demande à un interlocuteur que l’on sait pertinemment ne pas être membre, de prés ou de loin, du PS, de bien vouloir reprendre les positions de ce parti ou de se taire. C’est inouï, et à plusieurs titres.

Cela signifie d’abord un profond mépris pour les opinions de son interlocuteur, qu’elles soient justes ou fausses. Cela signifie ensuite qu’on tient son interlocuteur pour un être vil, prêt à tout pour se voir publié. Cela signifie, enfin, un égal et non moins profond mépris pour ses propres lecteurs, que l’on considère incapable de se faire une opinion par eux-mêmes.

 

Je n’en veux pas tant à la malheureuse personne qui m’a interviewé, et qui manifestait une certaine sympathie pour mes propos, qu’à ceux qu’elle a désignés pas le joli mot de ses « supérieurs ». Si c’est ainsi qu’ils conçoivent leur métier de journalistes en confondant celui-ci et la « communication », nous sommes donc rendus bien bas. Mais, si cela veut dire qu’ils considèrent que la presse partisane, dans le sens originel du terme soit la presse d’un parti, comme se devant de n’avoir qu’un visage et qu’un verbe à la gloire de ce dit parti, nous sommes en fait encore rendu plus bas.

Dans ce cas, cela traduit une profonde dérive anti-démocratique de ce parti.

Nous savions la Droite inféodée au pouvoir de l’argent. Nous connaissions les figures imposées de la presse stalinienne, même si aujourd’hui il s’agit d’un passé heureusement révolu. Que de telles pratiques soit le fait d’un parti qui a toujours prétendu conjuguer socialisme et démocratie est un triste spectacle. Même si ce parti n’a sans doute plus rien à voir avec le socialisme, on pouvait croire à son attachement à la démocratie. On s’est trompé. Le stalinisme n’est pas mort, mais il a migré vers d’autres cieux politiques. C’est bien à un cas exemplaire de ce que j’ai appelé le « liberal-stalinisme » que l’on est confronté.

 

Mais cet incident est tout aussi révélateur sur le fond.

De quoi s’agissait-il donc ?

On n’a pas supporté que je qualifie d’illusion ou d’hypocrisie le mythe de l’Europe « sociale » que l’on nous présente comme le saint Graal que l’on atteindra – encore un effort camarade – quand nous aurons une majorité de gauche au Parlement Européen. Que cette majorité se soit souvent montrée plus libérale que la droite, avec qui elle communie dans le culte de la concurrence « libre et non faussée », et que le groupe socialiste au Parlement Européen ne soit même pas d’accord en son sein pour savoir s’il faut garder Barroso ou le virer, est évidemment passé sous silence.

Il s’agit donc d’une illusion, je le dis et je me répète. Il faut se réveiller.

Quelle unanimité espère-t-on réaliser entre les 27 pays de l’Union ? Les cultures, mais aussi les rythmes politiques, sont par trop différents. Et d’abord, les structures économiques et sociales sont bien trop divergentes pour que l’on puisse trouver une base d’accord commune. Le principe du « grand marché », il faut quand même le dire, propose la mise en concurrence de tout, des produits comme du travail. C’est lui qui a organisé la mise en concurrence des travailleurs. À terme, il ne laisse qu’une solution : c’est l’harmonisation par le bas, avec la garantie que les rythmes politiques seront bien trop différents pour que l’on puisse espérer un sursaut commun et simultané. Cette Europe sociale, qui est certes désirable, se révèle comme la ligne d’horizon. Elle s’enfuit dés lors que l’on s’en s’approche. Elle est inatteignable. Elle n’aura pas lieu, comme le dit si bien un livre récent[1].

 

Où alors, il s’agit bien d’une hypocrisie. Le ralliement à l’Europe sert à masquer le vide conceptuel et programmatique dans lequel le PS se complait et se débat. On sait très bien que réclamer plus d’Europe sociale, une harmonisation fiscale, et bien d’autres choses, n’a aucun sens dans la situation actuelle et par la voie parlementaire européenne. Mais, cela permet de jeter le voile de Noé sur l’absence de toutes proposition concrète en France même. L’Europe est devenu un alibi à l’immobilisme, et c’est cette hypocrisie là qu’il ne faut en rien toucher, et surtout pas dénoncer.

François Mitterrand disait avoir deux ambitions, la construction de l’Europe et la justice sociale. Il a choisi la première et abandonné la seconde. Jacques Delors s’est chargé, alors, de mettre tout cela en musique. On sait ce qu’il en advint : la grande régression sociale des années 1980, et la montée inexorable vers les 3 millions de chômeurs, le tout couronné par la sanctification du « Franc fort ».

Les chiffres sont cruels.

Ils indiquent de manière indubitable que cette politique là a bien été en France l’équivalent de celle d’un Reagan au Etats-Unis ou d’une Thatcher au Royaume Uni. Ce fut donc bien un « socialiste », assurément fort mâtinée de chrétien, qui se chargea d’initier cette politique. Son coup fait, il partit pour Bruxelles, et laissa Beregovoy achever le travail.

Et l’on voudrait nous faire croire aujourd’hui que l’Europe pourrait être sociale ?

 

Graphique 1

Sources : Tableaux de l’INSEE.

 

Ceci expliquerait alors la violence de la réaction. Et il est vrai que la fille de ce Jacques Delors est aujourd’hui à la tête de ce parti.

Tant que je ne faisais que décrire un processus qui est aujourd’hui trop évident pour être nié, c’était acceptable. Mais, que je remette en cause le fondement de la politique du PS, sans l’Europe sociale point de salut, et, tout d’un coup, la foudre se déchaîne.

Ma proposition, taxer les produits en provenance des pays à bas coûts de l’Union Européenne (et par produits j’entends aussi ceux que l’on assemble dans des pays où les coûts sont plus élevés), et le faire unilatéralement s’il le faut pour enclencher un débat, a pour elle de nous sortir de cet immobilisme, de ces lendemains qui ne chanteront pas.

 

Acte III.

 

Je vous laisse donc libre de choisir entre l’illusion et l’hypocrisie. Quant à moi, cela fait longtemps que j’ai perdu mes illusions en ce qui concerne le PS et j’avoue ne pas avoir de réserves suffisantes de patience pour endurer son hypocrisie. Comme le disait Maurice Clavel en son temps, Messieurs les Censeurs, bonsoir !

 

Mais il faut cependant revenir aux choses sérieuses. La question des protections à adopter est aujourd’hui urgente.

Le rapport entre les coûts du travail (eux-mêmes considérablement renforcés par la réévaluation de l’Euro) et les gains de productivité n’a fait que se détériorer à notre détriment avec cette crise. Les pressions à la baisse des salaires, baisse non plus relative mais absolue, se font jour désormais en France, comme l’atteste la note de la direction de Hertz à ses salariés. Ne croyons pas qu’il s’agisse ici d’un acte isolé. Hertz a eu la bêtise de mettre par écrit ce qui est déjà pratiqué aujourd’hui dans des dizaines d’entreprises, et ce qui le sera demain dans des centaines, voire des milliers.

Et pourtant, on remarque que c’est bien grâce à ses « stabilisateurs automatiques » soit l’ensemble du système social, que l’économie française a plutôt mieux résisté à la crise que ses voisins. Pourtant, ce sont ces mêmes stabilisateurs automatiques que ce gouvernement veut remettre en cause, par petits bouts, points par points, toujours au prétexte de doper notre compétitivité.

 

Sur le fond, l’Europe a été le meilleur élève du libre-échange prôné par l’OMC. Ce faisant nous avons découplé la formation des profits par les entreprises des conditions du travail telles que l’on peut les avoir sur un territoire donné. Désormais, le profit se réalise de manière globale et la mise en concurrence des salariés dans un vaste marché se fait sous la forme du « moins disant, moins coûtant ». Les règles du fameux « compromis salarial » cher aux auteurs de la Théorie de la Régulation ont été mises cul par dessus tête dans cet évolution. Il n’est pas étonnant, alors, d’apprendre que se creusent les écarts de salaires et que les 1% supérieurs des revenus salariaux accumulent une part croissante du revenu national. C’est une tendance constante dans les pays qui se sont ainsi ouverts, sans entraves ni protections, au commerce international[2].

 

Seul, un retour au protectionnisme peut permettre d’inverser ce mouvement. Il faut tendre à le faire en commun avec des pays qui ont le même niveau de productivité. De ce point de vue, il y a une logique à chercher des protections communes avec les pays du noyau originel de l’Europe. Mais, s’il le faut, nous ne devrions pas hésiter à décider de mesures unilatérales. Elles seraient, il n’en faut pas douter, ce que nous appelons entre nous économistes, dans le langage si particulier de notre corporation, un « optimum de second rang », ce que l’on peut traduire par un pis-aller. Cependant, elles seraient préférables à ne rien faire du tout, au prétexte toujours plus illusoire, de réaliser un jour cette fameuse « Europe sociale ».

Il est plus que probable que le choc psychologique que provoquerait de telles mesures permettrait d’ouvrir le débat et de penser, à l’échelle de 5 à 6 pays, à des protections communes et coordonnées.

 

Pour cela, il faut faire tomber le tabou qui pèse aujourd’hui sur de telles mesures unilatérales. Il faut pouvoir en discuter calmement et de manière raisonné, en dehors et au-delà de toute invective et de toute censure. Il faut aussi cesser de les concevoir comme une fin en soi, pour comprendre que leur statut réel serait d’être d’une part des mesures conservatoires et d’autres part des bases de départ pour des négociations devant conduire à une nouvelle Europe.

 

Acte IV.

 

Il me faut maintenant revenir sur ce que cet incident révèle quant aux pratiques du débat dans notre pays. Ce cas est navrant, mais il n’est pas isolé.

 

On s’en souvient, le referendum sur le Traité Constitutionnel Européen avait déjà donné lieu à pareille pratique. Frédéric Lordon et quelques autres en ont rendu compte à l’époque[3]. Pour ma part j’y suis revenu à froid dans un ouvrage[4].

On l’avait constaté à l’époque et ce constat est toujours valable : dès qu’il est question de l’Europe les principes les plus élémentaires du débat démocratique sont foulés aux pieds par ceux qu’Hubert Védrines qualifia « d’européistes ». Ils se révèlent pour ce qu’ils sont : une poignée de technocrates englués dans leurs certitudes, aveugles devant les conséquences, sourds à la colère qui monte.

 

Mais, aujourd’hui, cette Europe là dévoile son véritable visage. Les politiques sont de fait prises par les États. Ou donc se trouve le plan de relance Européen ? Peut-on, là encore, croire un instant dans ces 1000 milliards d’Euro que l’on voudrait affecter à une hypothétique relance, et ce alors que des gouvernements, et non des moindres, ont exprimé leur opposition ?

S’il est vrai que la droite nous « enfume » dans cette campagne, on voit bien qu’elle n’est pas la seule.

C’est bien parce que l’on se rapproche de l’heure de vérité qu’une certaine parole doit être supprimée. Mais c’est bien aussi à ce moment qu’elle se trouve être d’autant plus nécessaire.



 

[1] F. Denord et A. Schwartz, L’Europe Sociale n’aura pas lieu, Raisons d’Agir, Paris, 2009.

 

[2] J. Bivens, « Globalization, American Wages, and Inequality », EPI Working Paper, 6 septembre 2007, Washington, DC.

 

[3] F. Lordon, « La procession des fulminants », sur le site http://www.acrimed.org/article2057.hmtl

 

[4] J. Sapir, La Fin de L’Eurolibéralisme, Paris, Le Seuil, 2006.

Comment les financiers Thyssen et Bush ont armé Hitler

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Un article de Peter Mertens dans Géostratégie nous rappelle des faits historiques oubliés qui aident à mettre en contexte une actualité plus récente:

<< La famille Bush a joué un rôle central dans le financement et l’armement d’Adolf Hitler avant son accession au pouvoir en Allemagne. Elle a aidé les fabricants de canons à construire la machine de guerre nazie. Durant les premières années de guerre, la famille Bush a empoché les bénéfices du travail forcé dans les mines d’Auschwitz. Elle a aidé à développer la théorie de la ” race pure “. Premier article d’une série de trois sur les liens de la famille Bush avec l’Allemagne nazie.

A la fin de la première mondiale, August Thyssen, le plus grand producteur militaire d’Allemagne, craint l’effondrement de son empire sidérurgique. Il fonde à Rotterdam aux Pays-Bas, pays ” neutre “, la Banque du Commerce et de la Navigation. Il y transfère le butin de guerre de l’August Thyssen Bank à Berlin pour ne pas payer les dédommagements exigés par le traité de Versailles. Le vieil August offre 100 millions de dollars à son fils Fritz, ainsi que son empire industriel dans la région de la Ruhr. En 1923, Fritz Thyssen est conquis par Adolf Hitler, l’homme qui peut sauver l’industrie allemande des révoltes de la classe ouvrière(1). Le baron de l’acier rencontre Hitler et le général Erich Ludendorff et décide de verser 100 000 marks-or au jeune parti nazi, le NSDAP.

Mais le parti de Hitler a besoin de beaucoup plus de fonds pour vaincre le mouvement communiste. Le butin de guerre planqué à Rotterdam ne suffit pas. Thyssen souhaite donc créer une branche américaine. En 1922, il rencontre à Berlin Averell Harriman, patron de la société d’investissement W.A. Harriman & Co. Un rapport d’enquête officiel datant de 1942 relate : ” Harriman et Thyssen ont convenu de créer une banque pour Thyssen à New York. Des amis d’affaires de Harriman se chargeraient de la direction, avec l’envoyé de Thyssen, H.J. Kouwenhoven, arrivé spécialement aux Etats-Unis à cet effet “(2).

La direction de Brown Brothers & Harriman. Le deuxième à partir de la gauche est Prescott Bush, grand-père de George W. Bush. La firme travaille avec le géant de l’acier allemand Fritz Thyssen, pour porter Hitler au pouvoir. L’argent des crimes nazis atterrit aux USA et George Bush père s’en servira plus tard pour se lancer dans le secteur pétrolier.

Les fabricants de canons allemands s’adressent
à la famille Bush

Ainsi, après Berlin et Rotterdam, Thyssen s’installe aux Etats-Unis. Début 1924, Kouwenhoven, directeur de la Banque du Commerce et de la Navigation, se rend à New York pour y créer, avec l’aide d’Averell Harriman et George “Bert” Walker, l’Union Banking Corporation (UBC) à Broadway, à la même adresse que Harriman & Co. En réalité, l’Union Banking Corporation est la propriété de la Rotterdamse Bank, à son tour propriété de Fritz Thyssen(3).

Le 10 janvier 1925, la August Thyssen Hütte obtient un prêt de 12 millions de dollars d’une autre banque américaine, la Dillon, Read & Co et 5 millions de dollars un an et demi plus tard. Dillon est un vieil ami de Sam Bush, l’arrière-grand-père de l’actuel président américain. Sa banque est utilisée par Standard Oil, Ford, General Electric, Du Pont et ITT pour financier Hitler. Grâce aux dollars américains, toute l’industrie sidérurgique allemande se fond, sous la direction de Fritz Thyssen et de Friedrich Flick, dans les Vereinigte Stahlwerke (les Aciéries réunies)(4). ” Les tâches étaient réparties : les comptes personnels et confidentiels de Thyssen à des fins politiques et connexes sont dirigés par l’organisation de Walker-Bush ; alors que les Vereinigte Stahlwerke effectuaient leurs opérations bancaires via Dillon Read “(5).

Le 1er mai 1926, George Walker confie la vice-présidence de Harriman & Co à son beau-fils, Prescott Bush, grand-père de George W. Bush. En 1931, Harriman & Co fusionne avec une société d’investissement britannique. Brown Brothers & Harriman obtient une part importante dans l’industrie minière polonaise, la Consolidated Silesian Steel Corporation. Les deux tiers de cette compagnie sont aux mains de Friedrich Flick(6), qui appartient au ” cercle d’amis ” de Heinrich Himmler. Il utilise une partie de ses bénéfices pour financer l’organisation terroriste Schutzstaffel (SS).

Prescott Bush se voit confier la supervision des Vereinigte Stahlwerke de Thyssen et Flick. Ceux-ci financent Hitler jusqu’à son accession au pouvoir. En 1932, Thyssen organise une rencontre avec Hitler au Park Hotel de Düsseldorf. Il parvient à convaincre les bonzes de l’industrie de la Ruhr de soutenir Hitler. Les magnats de l’acier seront le cœur de l’industrie de guerre allemande: les Vereinigte Stahlwerke produisent 50,8 % du fer, 41,4 % des tôles d’acier, 35 % des explosifs et 22,1 % du fil d’acier de toute l’Allemagne nazie(7).

L’arrière-grand-père et le grand-père Bush avaient intelligemment placé leurs billes. Via la banque Brown Brothers & Harriman ils investissent dans l’Allemagne nazie. Via la banque UBC de Thyssen ils récoltent aux USA les bénéfices de l’armement. Ceux-ci se chiffrent en 1934 à des centaines de millions. A New York, Prescott Bush est devenu entre-temps le managing director d’UBC. ” La famille Bush savait très bien que Brown Brothers était le canal qui acheminait l’argent vers l’Allemagne nazie et que l’Union Bank était le pipeline secret qui amenait l’agent nazi aux Etats-Unis, via les Pays-Bas “, écrit John Loftus, ancien procureur du département US contre les crimes de guerre nazis(8).

Esclavage dans les mines polonaises au profit de Prescott Bush

La Consolidated Silesian Steel Corporation est établie près de la ville d’Oswiecim en Pologne, dans l’une des régions les plus riches en minerais. En 1934, la société de Flick et Bush est accusée par le gouvernement polonais de fraude, de comptabilité fictive et d’évasion fiscale. L’année suivante, l’arrière-grand-père Bush conclut un compromis avec le gouvernement polonais. Mais la Consolidated Steel continue à piller les minerais de Pologne pour la fabrication de chars, d’avions et d’explosifs, qui serviront à l’Allemagne pour envahir la Pologne cinq ans plus tard.

C’est à Oswiecim que Hitler fera construire en 1939 le premier camp de concentration qui entrera dans l’histoire sous le nom allemand de la petite ville : Auschwitz. Dès la fin de 1941, le camp sera également utilisé pour le travail forcé sous l’autorité des SS de Himmler(9).9 Les prisonniers ” valides ” travaillent comme des esclaves dans les mines et dans les usines d’IG Farben et de la Consolidated Steel. Pendant la guerre, Thyssen et Flick revendent la Consolidated Steel à UBC. La société est rebaptisée Silesian American Corporation, totalement contrôlée par Harriman et le manager Prescott Bush. Le grand-père Bush et Harriman empocheront l’argent du travail fourni dans les mines par les milliers d’esclaves en provenance d’Auschwitz(10).

Après l’attaque de Pearl Harbor en 1941, le gouvernement américain interdit le commerce avec l’ennemi (Trading with the Enemy Act). Le 22 octobre 1942, les actions de l’Union Banking Corporation sont saisies, y compris celles de Harriman et Prescott Bush. Le gouvernement constate que la banque de Bush ” gère les bénéfices de la famille Thyssen et appartient à des ressortissants d’une certaine nation ennemie “(11). Harriman et Bush sont dénoncés comme collaborateurs. Un mois plus tard, le gouvernement reprend aussi la Silesian American Corporation. Mais la société peut continuer à travailler et Prescott Bush conserve sa fonction jusqu’en 1943 grâce au soutien de l’avocat Allen Dulles, l’homme qui créera plus tard la CIA(12). A la mort de Fritz Thyssen, en 1951, les actionnaires de Brown Brothers & Harriman récupèrent leur argent sale. Prescott Bush reçoit 1,5 million de dollars pour sa part dans UBC, qu’il donne à son fils, George Herbert Walker Bush, pour se lancer dans le secteur du pétrole(13). Avec ces fonds, George Bush senior fonde la Bush-Overby Development Company, active dans le commerce du pétrole et dans les brevets pétroliers. Deux ans plus tard, il crée la Zapata Offshore Oil Company, la firme qui exploitera les premiers puits de pétrole au large du Koweït et qui plus tard, comme Pennzoil Company, obtiendra des intérêts au Qatar et en Égypte(14). C’est avec l’argent des crimes nazis que la famille Bush s’est lancée dans le secteur pétrolier, qu’elle s’est liée à la famille royale du Koweït et qu’elle a déclenché la première guerre du Golfe contre l’Irak(15).

Notes

(1) Tony Rogers, Heir to the Holocaust. Prescott Bush, 1.5 Million Dollars, and Auschwitz: How the Bush Family Wealth is Linked to the Jewish Holocaust. In Clamor Magazine (6 mai 2002).
(2) Memorandum to the Executive Committe of the Office of Alien Custodian (5 octobre 1942). Cité in Georg Webster, G. Tarpley & Anton Chaitkin : George Bush: The Unauthorized Biografy. Chapitre 2, p 3. http://www.tarpley.net/bushb.htm
(3) John Loftus, The Dutch Connection, How a famous American family made its fortune from the Nazi’s. http://www.baltech.org/lederman/bush-nazi-fortune-2-09-02.html
(4) K.E. Von Schnitzler, Der Rote Kanal. Ed. Nautilus, 1992, p 291.
(5) Georg Webster, G. Tarpley & Anton Chaitkin. George Bush: The Unauthorized Biografy. http://www.tarpley.net/bushb.htm
(6) Georg Webster, G. Tarpley et Anton Chaitkin. o.c.
(7) Georg Webster, G. Tarpley et Anton Chaitkin. o.c.
(8) John Loftus, o.c.
(9) Arno J. Mayer, De hakenkruistocht tegen rood en jood. Berchem, EPO, 1999. pp 210-215.
(10) Tony Rogers, o.c.
(11) Tony Rogers, o.c.
(12) Tony Rogers, o.c.
(13) Tony Rogers, o.c.
(14) Eric V Thompson, Major Oil Companies in the Gulf Region. University of Virginia, Petroleum Archives Project, Arabian Peninsula and Gulf Studies Program. Prepared with support from The Kuwait Foundation for the Advancement of Sciences. http://www.virginia.edu/igpr/apagoilhistory.html
(15) Chris Floyd, Blood Simple. In Metropolis, The Moscow Times (13 septembre 2002). http://www.tmtmetropolis.ru/stories/2002/09/13/120.html >

Source:
http://www.geostrategie.com/cogit_content/ameriques/CommentlesfinanciersThysse.shtml

Soirée de solidarité avec Gaza 11 mars Bondy

organisée par le groupe des élus communistes et partenaire, la section du PCF de Bondy et le Parti de Gauche
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« Retour d’une délégation à Gaza »

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Mercredi 11 mars à partir de 19h00
Ecole maternelle Noue Caillet
34 av. Jean Moulin à Bondy-Nord

Avec :

*    Marc EVERBECQ, Maire de Bagnolet, ville jumelée avec le camp Palestinien de Chatila

*    Meriem DERKAOUI, Conseillère municipale d’Aubervilliers
Fernand TUIL, Président de l’association pour le jumelage des villes françaises avec les camps palestiniens (l’AJPF)

Témoignages, diaporama, débat.

M. UGUR LIBERE !!!!!!

Avec une forte mobilisation de RESF, des citoyens et des élus se sont joints à la juste cause pour contribuer à la libération de M. UGUR. Citoyen de Bondy, il pourra retrouver les siens, en attendant soyons sur nos gardes, les rafles du gouvernement de Vichy ne sont pas fini.

Souhaitons la bienvenue à Fellon, pardon Besson, nouveau ministre ou sinistre de l’ouverture … de cuisses !

Eric Besson : ministre de l’immigration

Interviewé sur RTL, dimanche 25 janvier, Eric Besson parle “d’invasion venue d’Afrique” en expliquant les liens passés de la France avec le Maghreb et l’Europe, avant de se corriger.

Eric Besson, nouveau Ministre de l’immigration, de l’identité nationale et du développement solidaire, a commis un lapsus alors qu’il était interviewé sur RTL, dimanche 25 janvier. Interrogé sur les origines de la France comme terre d’immigration, le ministre a parlé d’une “invasion venue d’Afrique” avant de rectifier ses propos. “C’est vrai des temps anciens, tout le monde le sait, des grandes invasions. C’est vrai du XIXème et du XXème siècle, avec les Italiens, les Polonais, d’autres qui se sont intégrés. Ensuite, il y a eu à la fois une invasion… euh, une immigration de provenance d’Afrique et du Maghreb. Non pas une invasion, qu’il n’y ait pas de lapsus sur le sujet”.
Ancien secrétaire national à l’économie du parti socialiste, Eric Besson avait démissionné de son poste, en pleine campagne présidentielle, après un profond désaccord avec la candidate Ségolène Royal. Le 24 janvier 2009, il est élu secrétaire général adjoint de l’UMP.

Pétition M. UGUR, 21 Janvier, Monoprix, 11H00

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Je serai ce matin, e,tre 11h00 et 11h45, devant le Monopris, rue Jules Guesdes, 931400, Bondy, pour faire signer la pétition contre l’expulsion de M. UGUR, Bondynois d’origine turc, sous le coup d’une reconduite à la frontière. Il est actuellement en centre de rétention.

A 9h30, je vais l’appeler pour connaitre ses conditions d vie , je ne manquerai pas de vous tenir informer.

Gaza: première attaque aérienne israélienne depuis le cessez-le-feu

Des soldats israéliensde retour de Gaza le 18 janvier 2009

L’armée israélienne a lancé dimanche un premier raid aérien à Gaza depuis le cessez-le-feu, visant des lanceurs de roquettes qui venaient de tirer sur Sdérot, dans le sud d’Israël, a indiqué à l’AFP un porte-parole militaire.

“Nous avons lancé une attaque contre un commando de lanceurs de roquettes à Beit Hanoun. Il s’agit du même commando qui avait tiré contre Sdérot ce matin”, dimanche, a déclaré le porte-parole.

Le cessez-le-feu unilatéral proclamé par Israël dans la bande de Gaza entré en vigueur dimanche à 00H00 GMT dans la bande de Gaza où l’armée israélienne est déployée, avait été respecté dans la nuit, selon l’armée israélienne.

Le cessez-le-feu était entré en vigueur dimanche à 00H00 GMT, après 22 jours d’une guerre contre le Hamas qui a fait plus de 1.200 morts palestiniens. “La situation est calme: il n’y pas eu de tirs de roquettes du Hamas vers le territoire israélien depuis le cessez-le-feu”, a affirmé à l’AFP une porte-parole de l’armée israélienne à 05H00 GMT. Des témoins palestiniens ont confirmé que l’armée israélienne avait arrêté ses raids aériens ainsi que ses tirs d’artillerie et de blindés après 22 jours de combats.

SUITE

On veut la PAIX !


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On veut la PAIX !

Par  solidarité avec le peuple palestinien
Et pour le respect des résolutions de l’ONU
Halte au massacre
Venez allumer une bougie de la paix :

VENDREDI 16 JANVIER 2009

17H00

Place de la gare

BONDY

 

Objectif : UNE BOUGIE ALLUMEE POUR CHAQUE VICTIME

HALTE AU MASSACRE A GAZA

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COMMUNIQUE DU GROUPE COMMUNISTE

 ET PARTENAIRE DE BONDY

 

Hôtel de Ville – Esplanade Claude Fuzier – 93140 BONDY.

 

Tél : 01.48.50.53.05 – s.haout@ville-bondy.fr

 

 

 

 

HALTE AU MASSACRE

A GAZA

 

 

La population palestinienne subit depuis plusieurs semaines les bombardements intensifs de l’armée israélienne.

 

Plus de 600 morts et près de 3.000 blessés dont de nombreux civils, femmes, enfants et vieillards.

 

Gaza est aujourd’hui un territoire martyrisé, les palestiniens n’ont plus de toit, de médicaments, de vivres, d’eau, d’électricité, de gaz. L’entrée dans Gaza des chars israéliens, au mépris du droit international et en infraction avec toutes les résolutions de l’ONU est insupportable.

 

Les élus communistes et partenaire de Bondy condamnent fermement cette politique de terres brûlées. Ils expriment leur solidarité avec le peuple palestinien et demandent un « cessez le feu » immédiat, le retrait des forces militaires de Gaza, l’ouverture d’un couloir d’aide humanitaire et la relance des négociations, pour une paix juste et durable impliquant la création d’un Etat palestinien.

 

Ils assurent les forces de paix israéliennes et palestiniennes de leur soutien et appellent la population Bondynoise à exprimer son soutien et sa solidarité à l’occasion des manifestations nationales et départementales.

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