Réunion Publique pour une régie publique de l’eau.
LUNDI 9 FEVRIER 2009 à 20h00
A L’ASSEMBLEE NATIONALE

L’EAU A BESOIN D’UNE GESTION PUBLIQUE ET DEMOCRATIQUE
APPEL D’ELUS D’ILE-DE-FRANCE
« L’eau est un bien commun de l’humanité ».
Cette formulation prend de plus en plus son sens aujourd’hui, que ce soit dans le monde,
où plus d’un milliard d’êtres humains n’ont pas accès à l’eau potable et 2 milliards et demi
à l’assainissement, mais aussi en France où chaque été de nombreuses régions sont
soumises à des restrictions de consommation.
Sur le territoire de la petite couronne parisienne, la production et la distribution de l’eau
sont organisées par un syndicat intercommunal : le SEDIF, qui regroupe 142 villes
adhérentes. Depuis 1923 le service est concédé à la Compagnie Générale des Eaux (CGE),
aujourd’hui Véolia.
Alors que le contrat actuel arrivera à échéance le 31 décembre 2010, le comité syndical du
SEDIF est convoqué le 11 décembre 2008 par son président, M. André Santini, pour se
prononcer sur le mode de gestion futur du syndicat. Nous sommes élus d’Ile-de-France
d’une grande diversité de sensibilités politiques. Pour nous la maîtrise publique réelle de la
gestion de l’eau potable est fondamentale.
Montant de la facture, tarification sociale, protection de la ressource, bon entretien des
réseaux, qualité de l’eau, maîtrise des savoirs et de la recherche… autant d’enjeux qui
seront influencés par le mode de gestion de l’eau que nous choisirons et qui doivent être
traités en toute transparence.
Or le système de gestion actuel ne permet pas suffisamment de lisibilité des coûts de
gestion du délégataire. Plusieurs enquêtes, y compris celle réalisée pour le SEDIF luimême,
laissent planer un doute sur une « surfacturation » par Véolia, et apportent des
arguments précis sur des économies potentielles tangibles sur les factures d’eau des
Franciliens.
De nombreux organismes publics (Cour des comptes, Chambre régionale des comptes …)
ont conclu qu’une délégation à une société privée amène un surcoût sensible par rapport à
une régie publique.
C’est aussi pourquoi nous n’acceptons pas la proposition du Président Santini de
reconduire le mode de gestion actuel. Et nous nous prononçons pour une gestion publique
de l’eau.
Une chose est sûre : il faut absolument que le choix fait le soit sur la base d’une
compréhension des enjeux, et débattu, comme cela se passe actuellement, avec nos
concitoyens et avec leurs associations.
Un grand nombre de conseils municipaux se sont engagés lors des dernières élections
municipales à soumettre au débat démocratique ces enjeux et les différentes hypothèses
qui s’offrent aux franciliens pour la gestion de leur eau. Beaucoup se sont déjà prononcés
par un voeu.
Nos concitoyens doivent pouvoir avoir confiance. Il faut donc miser sur la citoyenneté et
sur la démocratie, afin que tous les élus en charge de ce service public puissent fonder un
jugement éclairé sur cet enjeu majeur.
Il nous paraît souhaitable que les conseils municipaux des villes adhérentes puissent
débattre et délibérer en toute connaissance de cause avant que les délégués du SEDIF
ne se réunissent et ne soient amenés à se prononcer sur l’avenir de la gestion de l’eau
en Ile-de-France.
Cet article a été posté le 8.2.2009 à 20:19 et est classé sous Agissons ensemble. Vous pouvez consulter toutes les réponses à cet article via le flux RSS 2.0. Vous pouvez laisser une réponse ou effectuer un trackback à partir de votre propre site.