A gauche, le communisme, les couches populaires …

pcflogo.jpg

Après la victoire de Nicolas Sarkozy et sa réhabilitation de la droite décompléxée, les valeurs de gauche ont-elles encore un sens ? Y a-t-il encore une gauche capable d’être elle-même ?

Consulter nos dossiers :

  • la gauche en débat
  • Communisme : quel avenir ?
  • La gauche a-t-elle perdu les couches populaires ?

À lire :

  • Appel de Gauche Avenir, ici
  • « Pourquoi la gauche est-elle en échec ? », ici


Posté le mardi 19 février 2008 par Skywar

La gauche, le communisme, les couches populaires…

Voici une analyse toute personnelle du phénomène dit de “lutte des classes”. S’il y a bien une chose cimentant le communisme, cela reste la différenciation des classes et leur affrontement pour le pouvoir : la minorité dominante, ou bien la majorité dominée. De là, Marx distingua les forces vives en chaque camp, celle qui est, ou qui pourrait devenir le fer de lance de la lutte : d’un côté les bourgeois, et de l’autre les prolétaires. La 1ère catégorie perdura tout au long du temps des luttes, et même se renforçant : la bourgeoisie devenant classe mondiale, enfermée dans ses citadelles de la mondialisation, ses relais bourgeois nationaux n’étant que ses forces de l’ordre contre le peuple révolutionnaire. La 2ème catégorie, beaucoup plus soumise aux aléas de l’économie, car beaucoup plus hétéroclite, a été profondemment modifiée dans ses structures même ces 50 dernières années. Le phénomène majeur est le passage a une économie dite post-industrielle, c’est-à-dire l’abandon du secteur secondaire pour le secteur des services. Ceci n’est pas un phénomène naturel, d’ailleurs tout événement économique n’est pas naturel, car décidé et planifié par des hommes. Ceci est conçu comme une entreprise de désolidarisation humaine : les services sont beaucoup plus proche du marché, et les hommes qui y travaillent beaucoup plus divisé. Ainsi, le prolétariat de Marx s’est dissous dans le secteur tertiaire, et n’existe aujourd’hui plus. C’est ainsi que les néo-libéraux peuvent clamer (et sans être tout à fait en tort) que la lutte des classes est terminée. Néanmoins, seul un procédé sophistique pourrait nier que ce phénomène est toujours présent : la nouvelle classe dominée est désormais tout entière contenue dans le peuple, la classe populaire est le nouveau prolétariat ; la lutte des classes n’a pas disparue, elle s’est étendu, agrandie à tous sans exception. Mais cette lutte, comment se traduit-elle, et surtout quelle est la place du PCF dans ce combat ? La bourgeoisie mondiale s’est structurée dès les années 70 autour du néo-libéralisme, et est sans doute au plus fort de sa puissance aujourd’hui. La classe populaire n’a pas conscience d’être impliquée ensemble dans un même combat, et tel les colonisateurs, les bourgeois profitent des dissensions internes pour triompher. Pour combattre, elle exalte l’individu, et brise les chaînes de la solidarité : elle divise une classe unie par l’individualisme, quelle présente comme une chose raisonnable (travailler pour soi, ne pas se soucier des autres etc…). Le rôle de tout un chacun est donc, non pas de résister, mais de creer, car la résistance se fait par rapport à quelque-chose, et ne propose rien. C’est de là que vient d’ailleurs l’accusation d’archaïsme et d’immobilisme lancées par les conservateurs aux progressistes. Quand on conquiert, il n’y a plus alors à chercher à défendre ce que l’on a déjà, puisque l’adversaire se défendra à son tour, et ne cherchera plus à attaquer. Dans tout cela, et selon moi, le rôle du PCF est primordial (mais il ne doit pas être le seul acteur) : il doit se reposer de toute ses énergies sur le concept, à nouveau des plus moderne, de lutte des classes, mais désormais il n’a plus rien à faire des seuls ouvriers, il doit accompagner tout le peuple, et partout travailler sans relâche à la solidarité. De cette classe populaire unique, d’autres conclusions sont à tirer. Là où le combat prolétaire touchait principalement le domaine économique, le combat populaire touche le domaine humaniste dans son ensemble ; la voici la fameuse lutte final : plus loin que l’homme, il n’y a rien. Le PCF doit donc arrêter d’être seulement le “parti antilibéral”, et être tout simplement le parti communiste : le parti du commun et de la solidarité des hommes. Ses combats ne doivent pas porté sur seulement “augmenter les salaires” (par exemple), mais doivent se porter partout où la volonté populaire est bafouée. Pour exemple tout simple : quand la République écrase les révoltes étudiantes contre la loi Pécresse, le combat humaniste doit aller sur les lieux, aider les étudiants à se défendre contre la police, à faire une médiation, à interpeller les médias, et à répliquer contre les dirigeants locaux qui ont voulus et organiser cela. De cela, il y a à en tirer les conclusions suivantes : le PCF ne doit abandonner le concept de lutte des classes, mais celui du 21ème siècle, il doit être un lien populaire, concentrer ses visions sur l’humain où l’on trouvera toutes les causes des problèmes économiques (les fameux facteurs sociaux-économiques : naissance plus ou moins favorisée, milieux etc….). La dernière chose, et elle est très importante, la différenciation légal/illégitime. Ainsi quand une loi rend illégal une chose légitime, le combat ne doit pas hésiter à se porter par-delà la loi. Le communisme a de l’avenir, il doit revenir à Marx, mais tel que ce dernier penserait le monde, et non plus tel qu’il l’a pensé.

Journal “L’Humanité”

Laisser une réponse